Pour se faire une idée

Quelques extraits de certaines de nos fiches souvenir pour se faire une idée


Le Corbusier, c’est qui ?

L’architecte et urbaniste Charles-Édouard Jeanneret (1887-1965), dit “Le Corbusier”, fait assurément partie des figures intellectuelles et artistiques les plus controversées du premier vingtième siècle. Pour la majeure partie des architectes contemporains, Le Corbusier reste le père fondateur de la modernité architecturale et l’apôtre visionnaire de la ville idéale. A l’inverse, pour nombre d’aménageurs et de praticiens de la ville, sa pensée et ses écrits, souvent volontairement provocateurs, sont considérés comme la source de la transformation des banlieues dortoirs en ghettos urbains, stigmatisés aujourd’hui par le vocable paradoxalement négatif de “cités”.

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L’origine du rugby repose sur une fort belle légende, forgée sur les lieux mêmes qui ont donné au sport son nom. Le fondateur mythique du jeu est un collégien de 16 ans, William Webb Ellis, qui, en 1823, lors d’une partie de “football” dans la ville de Rugby en Angleterre, aurait pris la liberté de prendre la balle à la main pour atteindre le but adverse. La réalité de la formation du jeu est certainement plus complexe. On discute encore des liens généalogiques entre le “football rugby” tel qu’il fut codifié à partir de 1846 au sein des collèges britanniques et la pratique plus ou moins ancestrale de jeux villageois continentaux comme la soule ou la barette.

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Mozart (Salzbourg 27/01/1756 – Vienne 5/12/1791) est toujours en tête d’affiche des plus grandes salles de concerts et d’opéras du monde. On peut aussi voir l’extrême médiatisation de Mozart l’opéra rock, dernière production au Palais de Sports sur la vie de Mozart, comme une preuve de l’intemporalité et de l’universalité de son oeuvre, mais aussi comme le résultat d’une véritable “Mozartmania”, due à la légende d’un enfant prodige, au caractère souvent insolent, finalement rejeté par la Cour et mort, jeune, dans la misère. Son oeuvre s’inscrit dans la période dite classique, qui succède au baroque (1750) et précède le romantisme (1820). Mozart a su synthétiser l’ensemble des types d’écriture (français, italiens, anglais, allemand) de l’époque. Il est l’un des compositeurs dont on a le plus de traces écrites de son vivant, auteur d’une foisonnante correspondance (7 volumes !) et très tôt l’objet d’une biographie détaillée, donnant parfois dans l’image d’Epinal, “Mozart enfant prodige”, “Mozart franc maçon”, “Mozart et Salieri”…

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Quand paraît en novembre 1913 À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, personne, ou presque, ne connaît Marcel Proust, qui a d’ailleurs essuyé le refus de plusieurs éditeurs et publie son roman chez Grasset à compte d’auteur. La presse est très hostile, et le critique du Mercure de France écrit alors : “J’ai commencé le livre avec enthousiasme, puis j’ai fini par le laisser tomber avec effroi, comme on refuserait de boire un soporifique.” On reproche à Proust d’être long, ennuyeux, mondain. Pourtant, six ans plus tard, en 1919, À l’ombre des jeunes filles en fleurs reçoit le Prix Goncourt et annonce une reconnaissance qui ne cessera de croître. Traduite dans le monde entier, l’oeuvre de Proust est aujourd’hui considérée comme un monument de la littérature française, véritable “cathédrale du temps”.

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La France se distingue de ses voisins européens, et notamment de l’Allemagne, par le rejet systématique de toute reconstruction à l’identique de bâtiments anciens. Les conséquences de la Seconde guerre mondiale sur le patrimoine urbain ne furent certes pas les mêmes de part et d’autre du Rhin. Les cas des villes détruites du Havre, Brest ou Amiens, réédifiées sans prise en compte du passé architectural, permettent, quoi qu’il en soit, de mettre en valeur un étrange paradoxe français : la précocité de la protection patrimoniale des monuments a toujours coexisté avec des projet urbanistiques “iconoclastes”. La concomitance entre la destruction des Halles de Paris (cf. photo ci-contre en 1950) et la mise en place, consécutive aux “lois Malraux” de 1962 et 1968, de mesures favorisant la conservation du patrimoine architectural et historique est tout à fait symptomatique de ce point de vue.

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Rares sont les hommes à avoir une aura aussi grande que Shakespeare dans notre société. Proche en cela du statut que possédait Homère pour les grecs anciens, il représente l’artiste éternel dans toute sa splendeur. Le mythe Shakespeare a toutefois ceci de gênant qu’il nous cache à la fois l’artiste, sa vie et le contexte historique dans lequel elle s’est déroulée, et son œuvre, prétexte à admiration plus que véritable objet de spectacle. Qui lit aujourd’hui Roméo et Juliette, mis à part les écoliers anglo-saxons pour qui la scène du balcon est un passage tout aussi obligé que pour les nôtres la mort de Gavroche ? C’est beaucoup plus par ses adaptations modernes que le plus illustre auteur de la littérature mondiale est approché. Il semble dès lors utile de revenir au “vrai” Shakespeare, tout en se demandant quelles sont les causes d’un tel fanatisme à son propos.

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Truffaut, c’est qui ?

François Truffaut (6 février 1932 à Paris – 21 octobre 1984 à Neuilly) est certainement un des cinéastes français les plus connus du XXe siècle. Son œuvre est associée au courant avant-gardiste de la “Nouvelle Vague”, tout en bénéficiant d’une reconnaissance populaire croissante. En ce sens, il est une des figures tutélaires d’un cinéma français à la fois indépendant sur le plan artistique et autonome sur le plan financier. Réalisateur prolifique, il met en scène 21 longs métrages en 25 ans, entre 1959 et 1984. Passé à la réalisation après avoir été fervent critique de cinéma, il fut scénariste, mais aussi producteur (Les Films du Carrosse) et enfin volontiers acteur, dans ses propres films ou ceux des autres (Steven Spielberg, Rencontres du troisième type, 1977). Sa renommée internationale est consacrée par l’obtention d’un oscar en 1973 pour La nuit américaine.

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Avec plus de 13 millions de volumes imprimés, la Bibliothèque nationale de France (BnF) se situe parmi les plus riches du monde (29 millions pour “Library of Congress” à Washington et 25 millions pour la “British Library” à Londres). Son établissement au bord de la Seine est le dernier avatar architectural d’une institution dont les origines formelles, en France, remontent au XVIIe siècle. Si la Révolution française, par la confiscation des biens ecclésiastiques, a véritablement créé les conditions d’un enrichissement massif, c’est la monarchie qui a institué le “dépôt légal”, dont les principes furent posés dès 1537, sous François Ier, mais dont le fonctionnement date du règne de Louis XIV. En imposant à tous les imprimeurs situés sur le territoire national, le dépôt obligatoire de leur production, la Bibliothèque du roi est parvenue à se constituer en centre d’archivage de l’édition française. L’idée même de bibliothèque est toutefois bien plus ancienne.

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