Pour se faire une idée

Quelques extraits de certaines de nos fiches souvenir pour se faire une idée


A l’heure où l’éventualité d’un classement de la gastronomie française au patrimoine mondial immatériel de l’humanité suscite de nombreuses polémiques, en France comme à l’étranger, la question de la généalogie de nos manières de tables se pose plus que jamais. La sanctuarisation de la cuisine française ne date pas d’hier ; et même si elle est aujourd’hui concurrencée sur le plan international par d’autres logiques patrimoniales (ainsi la Chine dispute-t-elle à la France au sein de l’UNESCO l’originalité et la diversité de son patrimoine culinaire), la cuisine fait clairement partie intégrante de l’arsenal identitaire de “l’exception culturelle” française. On pourrait néanmoins se demander si la crispation récente autour de cette procédure de classement inédite ne correspond pas à une déstabilisation en cours des modes de reproduction et de transmission des traditions culinaires.

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Il existe plusieurs façons d’appréhender l’œuvre d’Allen Stewart Kenigsberg, né en 1935 à Brooklyn. Certains s’appuient sur l’évolution de ses multiples talents : d’abord l’écriture, il est “gagman” pour des comiques dans les 50’s, alors qu’il est encore à l’école, puis acteur de “stand-up” au début des 60’s et enfin il aborde la mise en scène / réalisation vers la fin des 60’s comme s’il avait trouvé, après une dizaine d’années d’apprentissages, la quintessence de son art. D’autres préféreront mépriser ses premières expérimentations au cinéma, comme Lily la tigresse (1966) ou encore Bananas (1971) jugées trop loufoques ou trop clownesques, pour préférer des films plus réfléchis ou ambitieux comme Manhattan (1979) ou encore Hannah et ses sœurs (1986) considérés, par certains observateurs, comme ses chef-d’œuvres.

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Né en 1928 à Pittsburgh (États-Unis d’Amérique) de parents slovaques, Andrew Warhola fait ses études au Carnegie Institute of Technology où il apprend notamment le dessin. En 1949, son diplôme en poche, il arrive à New York où il commence à dessiner pour plusieurs magazines (Vogue, Harper’s Bazar) et décide de changer son nom en : Andy Warhol. Un artiste est né, qui expose pour la première fois ses œuvres dans une galerie new-yorkaise en 1952. Formé au dessin publicitaire, Warhol s’approprie très tôt une technique qui le rendra célèbre, celle de la sérigraphie, qui permet de réaliser des œuvres en série et de faire de multiples variations de couleur sur un même motif, un portrait par exemple. Plongé dans une ville bouillonnante où les artistes ne cessent d’inventer de nouvelles formes, Andy Warhol se rapproche au début des années 1960 du “Pop Art”, un courant né au milieu des années 1950 à Londres autour de Richard Hamilton : si Andy sera baptisé “Pape du Pop Art”, il ne l’a pourtant pas inventé.

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Dans le monde littéraire, l’évocation d’Harry Potter suscite souvent l’agacement. Voilà une œuvre située aux antipodes des valeurs établies en matière de littérature, soutenue par des intérêts clairement mercantiles, qui, en moins de dix ans, est arrivée au sommet d’une gloire planétaire et d’une réussite financière en tous points extraordinaire (à ce jour, l’heptalogie de Joanne Kathleen Rowling s’est vendue à plus de 400 millions d’exemplaires et a été traduite en 67 langues).

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Nous sous-estimons souvent l’importance de l’olfaction dans notre vie de tous les jours. Culturellement, nous avons appris à considérer ce sens comme secondaire, certainement parce qu’il renvoie aux comportements animaux. Pourtant, l’olfaction est un sens essentiel chez l’être humain. La preuve en est qu’une part importante de notre génome (environ 5%) est exclusivement consacrée au système olfactif. Comprendre comment l’olfaction fonctionne, c’est décoder une partie de nos comportements. En effet, notre cerveau détecte en permanence les odeurs qui nous entourent (odeurs corporelles des personnes de notre entourage, odeurs des objets, des lieux, de l’environnement dans lequel nous vivons…). La plupart d’entre elles sont analysées inconsciemment et influencent, sans que nous le sachions, nos comportements.

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Jusqu’à une période très récente on a postulé la toute puissance de la raison. Ce serait elle, le fruit de notre intelligence, qui guiderait nos actes. Ce n’est que très récemment que l’on a pris conscience de l’influence capitale de nos émotions. Cette prise de conscience résulte du fait que les scientifiques viennent de montrer le rôle déterminant de certaines structures situées en dessous de nos hémisphères cérébraux, sièges de la raison. Les médecins, quant à eux, grâce aux observations cliniques de patients présentant des lésions particulières du cerveau, ont pu assigner à ces zones un rôle dans l’expression de nos émotions, et établir des relations entre l’absence d’émotion par exemple et le comportement de la personne.

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Comment faire rire au cinéma ?

La comédie est un genre cinématographique qui fait partie des plus populaires depuis la naissance du cinéma. Tous les commentateurs s’accordent en effet pour dire que parmi la douzaine de films qu’ont présentés les frères Lumière le 28 décembre 1895 (date de la première projection publique et payante), L’arroseur arrosé était le film le plus apprécié. C’est aussi un des premiers genres à avoir été totalement codifié, normalisé et même rationalisé aussi bien en France (berceau de l’industrialisation du cinéma) avec l’avènement de la première star du comique, Max Linder, qu’aux Etats-Unis, dès 1914 à la Keystone sous la baguette magique de Mack Sennett qui produira, entre autres, les 35 premiers films de Charles Spencer Chaplin. L’envie de faire rire au cinéma est donc aussi vieille que le cinéma lui-même qui s’est immédiatement appuyé sur d’autres formes de spectacles qui utilisaient déjà les ressorts de la comédie de façon très élaborée. Il est même quasi-impossible de discerner toutes les influences qui ont œuvré à la mise en place de la comédie cinématographique. Tentons tout de même de faire une rapide et non-exhaustive généalogie de son histoire.

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L’histoire des soins du corps se confond avec celle des civilisations. Chaque époque a mis au point ses propres règles d’hygiène, ses tabous et a cherché à inventer des façons de soulager le corps, du bain parfumé pris par le chevalier au retour de la croisade aux langueurs de la belle odalisque en son hammam. Tout se mêle dans cette longue histoire : d’un côté, ce que l’on n’appelait pas encore la santé, avec les principes d’hygiène et les découvertes de la médecine, de l’autre, la recherche du plaisir et de la beauté. Le bien-être s’est toujours situé à la rencontre de ces deux sphères, comme l’ont vite compris les défenseurs de la morale, inquiets que le plaisir puisse l’emporter sur l’hygiène, affolés par les tentations du bain. Car l’histoire du bien-être est aussi celle de notre rapport au corps, à la nudité, et elle implique des enjeux esthétiques, sociaux et religieux.

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La ville de Lyon occupe dans les espaces français et européen actuels une position majeure, qu’il est possible de qualifier de situation “capitale”, et ce au double sens du terme : l’agglomération du “Grand Lyon” (nouveau nom d’usage de la COURLY ou communauté urbaine de Lyon créée en 1969) constitue en effet une place géographique, économique et culturelle aussi incontournable que primordiale. Si le contournement difficile de la ville, symbolisé par les célèbres embouteillages du tunnel de Fourvière fait encore parler de lui au moment des grands départs estivaux, il est certain que le déploiement de la grande rocade orientale (A46 et A432) marque l’ampleur de ce qui est en train devenir une véritable mégalopole, étendue sur plus de 520 km2, alors même que la population ne cesse de croître. Depuis 1999, le nombre d’habitants a augmenté de plus de 8 % (contre moins de 5 % en France), au point d’atteindre aujourd’hui 1,3 millions d’habitants.

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Pablo Ruiz Picasso est né à Malagaga, en Espagne, le 25 octobre 1881, d’un père peintre et professeur de dessin. La famille déménage ensuite à Barcelone où le jeune garçon commence très tôt à dessiner et à peindre : il y aurait réalisé son premier tableau à l’âge de huit ans, bien avant d’entrer à l’école des Beaux arts de Barcelone (1895) puis de continuer sa formation à Madrid. Picasso arrive à Paris en septembre 1900. Dès juin 1901, il expose à la prestigieuse galerie d’Ambroise Vollard, qui lui ouvre les portes du Paris des peintres et des poètes. En avril 1904, il s’installe à Montmartre, dans une grande bâtisse de bois qui tient du gourbi et que l’on surnomme le “Bateau-Lavoir”, bien avant que Max Jacob, ami du peintre, ne la rebaptise “l’Acropole cubiste”. Il y entame une vie sous le signe de la bohème riche en rencontres et en découvertes : Picasso se passionne pour le cirque comme pour l’œuvre de Gauguin et de Matisse, qu’il ne tarde pas à rencontrer. Il se nourrit aussi de l’histoire de l’art, en parcourant inlassablement les salles du Louvre, comme de ce que l’on appelle alors “l’art nègre”, qu’il découvre au musée du Trocadéro. En 1907, il achève une toile qui sera mythique : Les Demoiselles d’Avignon.

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