Vincent Huguet


Les musées se livrent une concurrence acharnée pour attirer les foules, plus nombreuses que jamais : 913 064 visiteurs au Grand Palais pour l’exposition Monet en 2011, 790 000 “fous du chocolat Lanvin” ont porté aux nues Dali cet hiver… Comment ne pas se perdre dans cette jungle où le meilleur voisine parfois avec le pire ? Attention, les plus grandes ne sont pas toujours les meilleures.

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À l’origine, n’étaient qu’un modeste moulin à vent et une maison de meunier construits sur une hauteur entourée de marécages. C’est en ce lieu inhospitalier mais giboyeux et à l’écart de la très remuante capitale que Louis XIII fait construire en 1623 un modeste pavillon de chasse, surnommé alors le “chétif château” et plus tard “le château de cartes”.

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Au départ, il n’y avait pas de ville sur ce haut plateau au centre du Brésil, mais seulement le « cerrado », la savane, qui couvrait tout. Dès les années 1920, naît le projet d’y installer une nouvelle capitale pour le Brésil, capitale administrative qui rééquilibrerait le peuplement vers le centre du pays. Le projet est réalisé par le président Juselino Kubitschek qui lance la construction de Brasilia en 1956. Il veut une capitale construite sur un plan idéal et qu’elle reflète le rêve d’un État bien gouverné. Pour réaliser ce grand projet, il fait appel à un tandem qu’il connaît bien et avec qui il a souvent travaillé quand il était maire de Belo Horizonte : Lucio Costa, urbaniste et Oscar Niemeyer, architecte. Le premier va principalement concevoir les plans de la ville, le second va dessiner la plupart de ses édifices monumentaux.

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Le Bauhaus, c’est quoi ?

Au sens premier, le Bauhaus est une école née en Allemagne au lendemain de la Première Guerre mondiale, lors de la naissance de la République de Weimar : à l’instigation d’Henry van de Velde, peintre, architecte et décorateur belge et de Walter Gropius, architecte et designer allemand, l’école des arts décoratifs et l’académie des beaux-arts de Weimar sont réunies en une seule école qui prend pour nom “Bauhaus”.

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Né en 1928 à Pittsburgh (États-Unis d’Amérique) de parents slovaques, Andrew Warhola fait ses études au Carnegie Institute of Technology où il apprend notamment le dessin. En 1949, son diplôme en poche, il arrive à New York où il commence à dessiner pour plusieurs magazines (Vogue, Harper’s Bazar) et décide de changer son nom en : Andy Warhol. Un artiste est né, qui expose pour la première fois ses œuvres dans une galerie new-yorkaise en 1952. Formé au dessin publicitaire, Warhol s’approprie très tôt une technique qui le rendra célèbre, celle de la sérigraphie, qui permet de réaliser des œuvres en série et de faire de multiples variations de couleur sur un même motif, un portrait par exemple. Plongé dans une ville bouillonnante où les artistes ne cessent d’inventer de nouvelles formes, Andy Warhol se rapproche au début des années 1960 du “Pop Art”, un courant né au milieu des années 1950 à Londres autour de Richard Hamilton : si Andy sera baptisé “Pape du Pop Art”, il ne l’a pourtant pas inventé.

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L’histoire des soins du corps se confond avec celle des civilisations. Chaque époque a mis au point ses propres règles d’hygiène, ses tabous et a cherché à inventer des façons de soulager le corps, du bain parfumé pris par le chevalier au retour de la croisade aux langueurs de la belle odalisque en son hammam. Tout se mêle dans cette longue histoire : d’un côté, ce que l’on n’appelait pas encore la santé, avec les principes d’hygiène et les découvertes de la médecine, de l’autre, la recherche du plaisir et de la beauté. Le bien-être s’est toujours situé à la rencontre de ces deux sphères, comme l’ont vite compris les défenseurs de la morale, inquiets que le plaisir puisse l’emporter sur l’hygiène, affolés par les tentations du bain. Car l’histoire du bien-être est aussi celle de notre rapport au corps, à la nudité, et elle implique des enjeux esthétiques, sociaux et religieux.

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Pablo Ruiz Picasso est né à Malagaga, en Espagne, le 25 octobre 1881, d’un père peintre et professeur de dessin. La famille déménage ensuite à Barcelone où le jeune garçon commence très tôt à dessiner et à peindre : il y aurait réalisé son premier tableau à l’âge de huit ans, bien avant d’entrer à l’école des Beaux arts de Barcelone (1895) puis de continuer sa formation à Madrid. Picasso arrive à Paris en septembre 1900. Dès juin 1901, il expose à la prestigieuse galerie d’Ambroise Vollard, qui lui ouvre les portes du Paris des peintres et des poètes. En avril 1904, il s’installe à Montmartre, dans une grande bâtisse de bois qui tient du gourbi et que l’on surnomme le “Bateau-Lavoir”, bien avant que Max Jacob, ami du peintre, ne la rebaptise “l’Acropole cubiste”. Il y entame une vie sous le signe de la bohème riche en rencontres et en découvertes : Picasso se passionne pour le cirque comme pour l’œuvre de Gauguin et de Matisse, qu’il ne tarde pas à rencontrer. Il se nourrit aussi de l’histoire de l’art, en parcourant inlassablement les salles du Louvre, comme de ce que l’on appelle alors “l’art nègre”, qu’il découvre au musée du Trocadéro. En 1907, il achève une toile qui sera mythique : Les Demoiselles d’Avignon.

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Que l’on s’intéresse à l’architecture ou pas, on connaît forcément le nom de Jean Nouvel. Avec Christian de Portzamparc, Dominique Perrault et quelques autres, il est l’un des plus célèbres architectes français et le deuxième à obtenir le Pritzker (“Nobel” de l’architecture). À la tête d’une agence de plus de 150 personnes, il construit aujourd’hui, tout autour du monde, musées, centres de congrès, hôtels ou tours géantes. S’il est devenu “starchitecte”, c’est au terme d’un parcours hors du commun et de bientôt quarante années de projets, de chantiers et d’engagements.

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Au sens strict, on a l’habitude de distinguer “l’art moderne”, nombreux sont ceux qui en attribuent la paternité à Pablo Picasso avec “Les demoiselles d’Avignon” en 1907, de “l’art contemporain”, qui désigne la création artistique depuis les années 1960. Mais la notion est mouvante : les oeuvres créées il y a plus de quarante ans sont-elles encore “contemporaines” ? Certains parlent “d’art actuel” pour distinguer la création la plus récente, mais ces catégories sont faites pour être chamboulées. Picasso, par exemple, peut être considéré comme un artiste “classique” pour ses oeuvres de jeunesse (période bleue, période rose), “moderne” pour ses peintures cubistes et “contemporain” pour la fin de sa vie (il meurt en 1973). C’est pourquoi la plupart des musées qui présentent l’art des XXe et XXIe siècles s’intitulent musées “d’art moderne et contemporain”. L’art contemporain, c’est l’art d’aujourd’hui, l’art qui parle de notre société, l’art qui se fait sous nos yeux, ou presque.

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Quand paraît en novembre 1913 À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, personne, ou presque, ne connaît Marcel Proust, qui a d’ailleurs essuyé le refus de plusieurs éditeurs et publie son roman chez Grasset à compte d’auteur. La presse est très hostile, et le critique du Mercure de France écrit alors : “J’ai commencé le livre avec enthousiasme, puis j’ai fini par le laisser tomber avec effroi, comme on refuserait de boire un soporifique.” On reproche à Proust d’être long, ennuyeux, mondain. Pourtant, six ans plus tard, en 1919, À l’ombre des jeunes filles en fleurs reçoit le Prix Goncourt et annonce une reconnaissance qui ne cessera de croître. Traduite dans le monde entier, l’oeuvre de Proust est aujourd’hui considérée comme un monument de la littérature française, véritable “cathédrale du temps”.

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