Jean-Manuel Traimond


Comment sont nées les bonnes manières ?

“Ô Tempora ! Ô Mores !” (Ô temps ! Ô mœurs !) s’indignait Cicéron, il y a deux mille ans. S’il déplorait déjà le déclin des bonnes manières, c’est qu’elles sont anciennes. Mais d’où viennent-elles ? Pourquoi existent-elles ? Elles servent de feux rouges, de panneaux de signalisation aux échanges sociaux : elles servent à éviter que les désirs des uns se fracassent contre les perceptions des autres. Ou, dit autrement, si elles sont un lubrifiant, elles sont aussi un garde-fou, voire selon certains un carcan. Et elles sont encore la preuve des élégances et l’exhibition des vanités.

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Astérix, Môssieur, c’est la France !

En 1959, soit pas même vingt ans après l’humiliation de l’Occupation, et un an après le retour au pouvoir du Général de Gaulle, un petit-fils de rabbin polonais élevé à Buenos Aires et un fils d’immigrés italiens grandi dans le faubourg St-Antoine, bref deux Français de fraîche date dans une France humiliée et prise par le doute, créent une bande dessinée destinée aux garçons de dix ans.

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Pollution, le numérique aussi ?

En passant du papier au numérique, on a cru en toute bonne foi qu’on dématérialiserait et donc qu’on passerait aussi du polluant au non-polluant. Mais c’est hélas une illusion de croire que le numérique est immatériel. Le numérique, c’est en effet avant tout de l’électricité. Et il n’y a rien de plus matériel que l’électricité.  Taper une requête Google produit-il 2 grammes de CO², selon un évaluateur indépendant, ou 0,2 g, selon Google ? Peu importe. Ce qui est sûr, c’est que Google consomme de l’électricité et rejette beaucoup de polluants. Envoyer un email d’un mégaoctet équivaut à utiliser une ampoule de 60 W pendant 25 minutes. Multipliez cela par 2,6 milliards d’êtres humains possesseurs d’une adresse mail. Puis par une moyenne de 20 emails par jour (hors spam, et on ne compte pas non plus les messages Facebook, les sms, etc…) et ajoutez-y des milliards de requêtes Google, Bing, Yahoo… Vous arriverez  au chiffre stupéfiant de l’équivalent de 30 centrales nucléaires tournant à plein régime dédiées uniquement à Internet.  Rien de virtuel donc !

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