La représentation du corps humain est absolument essentielle dans l’art – et en particulier dans la culture occidentale. En se représentant, l’homme affirme sa place dans le monde, et rivalise, en tant que créateur, avec la nature qui l’entoure. Représenter le corps humain fut d’abord, largement, une entreprise de conquête de l’homme sur l’univers qui l’environne. Au fil du temps, les artistes acquièrent une maîtrise technique qui va de pair avec une connaissance de l’anatomie humaine. Aux figures figées de l’art égyptien, destinées, avant tout, à être immédiatement compréhensibles pour le spectateur, et à conserver, sur terre, l’image d’un défunt, succèdent les corps plus déliés et plus naturalistes de l’art grec.

C’est en Grèce en effet qu’a lieu la première “révolution” fondamentale dans la représentation de la figure humaine. Au lieu de se contenter de conventions formelles établies, l’artiste
grec se sert de ses propres yeux. Il cherche à rendre compte du corps de l’homme tel qu’il le voit, dans la réalité. Il veut montrer ses muscles, sa structure osseuse, l’articulation de ses membres. Et en même temps, il garde toujours le souci d’une certaine idéalisation. Dans l’art romain, une étape est marquée vers davantage de réalisme. En effet, l’artiste va non seulement chercher la vraisemblance, mais encore la ressemblance, par exemple dans les portraits d’empereurs. Au Moyen Age, la représentation du corps humain est intimement dépendante du Christianisme. Les corps représentés sont moins sensuels. Les artistes n’insistent plus sur la matérialité de la chair. On s’éloigne de la nature pour valoriser l’aspect spirituel. L’art est avant tout au service de la religion, il sert d’abord à enseigner : les formes représentées doivent donc être simples, lisibles.

Un nouveau chapitre s’ouvre à la Renaissance. C’est le moment où les artistes renouent avec l’Antiquité grecque. La perspective, l’anatomie, les proportions idéales, la représentation du corps en mouvement sont autant d’aspects qui fascinent des génies comme Léonard ou Michel-Ange.



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