Les montres molles

Le titre énigmatique de ce petit tableau (24 X 33 cm), La Persistance de la Mémoire (New York, MOMA, 1931), nous plonge instantanément dans l’univers surréaliste d’un des plus grands génies mais aussi des plus sulfureux de la peinture du XXème siècle. Plus connu du grand public sous le nom de “Montres Molles”, ce tableau, pour lequel Dali a donné peu d’explications, est devenu une des images les plus mémorables du siècle.

Dans les années trente, Dali (Figueras 1904 – 1989) fait émerger sa véritable originalité et identité sous l’œil attentif de Gala, précédemment épouse de Paul Eluard et amante de Max Ernst. Dali passait alors auprès de ses amis pour un malade mental proche de la folie. Gala, elle, est séduite par l’homme qui cherche à “scanDALIser”. En restant à ses côtés, elle aidera l’artiste excessif à canaliser ses pulsions pour entrer dans un registre hautement créatif. De ces années, naîtront les grands chefs d’œuvre de Dali parmi lesquels, La Persistance de la Mémoire.

Sur un fond de paysage méditerranéen où les rochers durs, secs et ensoleillés de Cadaqués se détachent sur l’azur du ciel et de la mer, Dali installe trois montres molles. Elles sont posées, comme de vieilles serviettes, sur un arbre mort, une table et une étrange créature du type mollusque, qui n’est rien d’autre que l’autoportrait de l’artiste, de profil avec ses longs cils. Toute sa vie, Dali a évoqué sa phobie des fourmis. Elles dévorent tout et symbolisent, pour lui, la décadence, l’éphémère, la pourriture. Ici, elles s’attaquent, comme dans un film de science-fiction, à la quatrième montre, en or, qui est la seule à être dure, pour définitivement anéantir le temps nous renvoyant ainsi à notre finitude, sujet d’obsession et de panique pour l’artiste. L’impact de l’œuvre est immédiat. A la dureté des rochers, Dali oppose la mollesse des montres nous plongeant dans une sorte de méditation étrange sur la fuite du temps. Cette opposition évoque la dualité de l’homme : la putréfaction, la mort et le temps qui passe pour le mou et les fourmis, face à la stabilité des rochers de son enfance, refuge et lieu de rêverie et d’inspiration, pour le dur.

La genèse de la création de ce tableau est extrêmement drôle et renvoie à la méthode créatrice de l’artiste qu’il a nommé “paranoïa critique”. Il s’agit pour Dali de rendre visible l’invisible ou l’autre face de nous même et à laquelle nous avons accès par nos rêves. Un soir où il était seul et légèrement malade, Dali désire manger quelque chose et se rend dans la cuisine. Il tombe sur un camembert coulant qui frappe son imagination, suscitant une réflexion sur le rôle du dur et du mou. Laissant libre court à sa créativité, dans un état de rêverie éveillée et sans rien censurer, il réalise La Persistance de la Mémoire en une nuit.



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16 Commentaires

  • La montre de droite est déposée sur une tête déformée

  • hola todo el mundo !
    soy un chicco espagnol soy venido en ete sito por el hasardo y no ha comprendo todo el artico perro yo apprende el francés en mi pais, aquel he comprendo, yo le mucho gusto perro eres possible de hacer un traduccion en espagnol por favor ? muchas gracias ! :/

    • t’sais quoi l’espagnol on dirait pas vraiment que tu es espagnol car tu as fais pleins de fautes, par ailleurs sais tu que perro ne s’écrit pas comme ça? Juste un seul r comme pero et aussi chicco ne prend pas deux c mais un seul! et puis je pense que si je montre ce que tu as écris à mon professeur d’espagnol, je suis sure qu’elle va gueuler! Bon bref sinon l’article est moyen moyen… c’est à revoir parce que je ne veux pas de ça pour l’histoire de l’art!

  • un peu trop court a lmon gout pour cette si emblématique oeuvre

    • Tu as raiosn bg

    • chui daccord avec toi bon javoue chui la que pour un truc doral avec des consignes bien précises ou jaurais presque tout recopier tel quel mais ca maide pas vraiment pas vraiment

  • AYALA MATHON | 7 août 2013à22:19

    Je prépare ma visite du théatre musée SALVADOR DALI de FIGUERAS la semaine prochaine et je cherche à m’imprégner de l’oeuvre du peintre de façon a en profiter un maximum
    J’avais déjà visité ce musée très jeune et étais complètement passée à côté, mis à part le côté purement fantasque que j’avais retenu.
    Cet article y contribue et donne quelques clefs. Merci.

  • Gérard Depardieux | 18 juin 2013à11:52

    pas top comme arcticle, faudrait en dire plus sur le tableau en lui meme

    cordialement : Quentin maman ma fait xD

    • Merci Gérard de nous lire depuis la Russie 😉
      L’article ci-dessus n’est qu’un extrait de la fiche souvenir que l’on distribue à l’issue de nos conférences, sachant que la fiche souvenir n’est, elle-même, qu’une synthèse de la conférence. C’est donc tout à fait normal que vous ayez trouvé l’article incomplet. C’est fait à dessein.

  • Très bon article merci ça m’a beaucoup aidée 🙂 ?

  • quelle est cette 4 ème montre en or

  • trop special faut vraiment arriver a comprendre

    • C’est effectivement une oeuvre et un artiste très particuliers. Nous espérons que ce court texte vous a permis d’y voir plus clair.

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