Archives pour 2008


Qui a peur de l’art contemporain ?

Au sens strict, on a l’habitude de distinguer “l’art moderne”, nombreux sont ceux qui en attribuent la paternité à Pablo Picasso avec “Les demoiselles d’Avignon” en 1907, de “l’art contemporain”, qui désigne la création artistique depuis les années 1960. Mais la notion est mouvante : les oeuvres créées il y a plus de quarante ans sont-elles encore “contemporaines” ? Certains parlent “d’art actuel” pour distinguer la création la plus récente, mais ces catégories sont faites pour être chamboulées. Picasso, par exemple, peut être considéré comme un artiste “classique” pour ses oeuvres de jeunesse (période bleue, période rose), “moderne” pour ses peintures cubistes et “contemporain” pour la fin de sa vie (il meurt en 1973). C’est pourquoi la plupart des musées qui présentent l’art des XXe et XXIe siècles s’intitulent musées “d’art moderne et contemporain”. L’art contemporain, c’est l’art d’aujourd’hui, l’art qui parle de notre société, l’art qui se fait sous nos yeux, ou presque.

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Comment Paris s’est-il construit ?

Le devenir architectural du Paris historique, c’est-à-dire la part urbaine située à l’intérieur du boulevard périphérique, suscite depuis quelques années de nouvelles controverses. La possibilité de rebâtir – et donc de détruire massivement – des édifices anciens au sein même d’une limite intra-muros qui n’a pas été étendue depuis 1860 représente un des principaux enjeux des futurs “Grand Paris” proposés pour une capitale qui souhaiterait rester internationale. Ces tergiversations urbanistiques invitent à reconsidérer la formation historique du visage architectural d’un bâti parisien surtout marqué par le XIXe siècle. Il faut en effet attendre les révolutions politiques et industrielles de ce siècle-là pour voir Paris se transformer en capitale européenne, héritière d’une centralité administrative devenue proverbiale.
La croissance du tissu urbain parisien repose sur trois grandes pulsations chronologiques : le XIIIe siècle, le XVIIe siècle et le XIXe siècle. La Lutèce antique n’était qu’un relais, un pont routier pour traverser la Seine du Nord au Sud.

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Au-delà des prérequis techniques fondamentaux qui ne sont plus suffisants, les entreprises font appel à la créativité de leurs salariés et fournisseurs. Or les formations suivies par les managers ne leur ont donné que peu d’outils pour développer leur sens de la création. Une solution : s’ouvrir à la culture et à l’art.

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Le Corbusier, c’est qui ?

L’architecte et urbaniste Charles-Édouard Jeanneret (1887-1965), dit “Le Corbusier”, fait assurément partie des figures intellectuelles et artistiques les plus controversées du premier vingtième siècle. Pour la majeure partie des architectes contemporains, Le Corbusier reste le père fondateur de la modernité architecturale et l’apôtre visionnaire de la ville idéale. A l’inverse, pour nombre d’aménageurs et de praticiens de la ville, sa pensée et ses écrits, souvent volontairement provocateurs, sont considérés comme la source de la transformation des banlieues dortoirs en ghettos urbains, stigmatisés aujourd’hui par le vocable paradoxalement négatif de “cités”.

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La représentation du corps humain est absolument essentielle dans l’art – et en particulier dans la culture occidentale. En se représentant, l’homme affirme sa place dans le monde, et rivalise, en tant que créateur, avec la nature qui l’entoure. Représenter le corps humain fut d’abord, largement, une entreprise de conquête de l’homme sur l’univers qui l’environne. Au fil du temps, les artistes acquièrent une maîtrise technique qui va de pair avec une connaissance de l’anatomie humaine. Aux figures figées de l’art égyptien, destinées, avant tout, à être immédiatement compréhensibles pour le spectateur, et à conserver, sur terre, l’image d’un défunt, succèdent les corps plus déliés et plus naturalistes de l’art grec.

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L’origine du rugby repose sur une fort belle légende, forgée sur les lieux mêmes qui ont donné au sport son nom. Le fondateur mythique du jeu est un collégien de 16 ans, William Webb Ellis, qui, en 1823, lors d’une partie de “football” dans la ville de Rugby en Angleterre, aurait pris la liberté de prendre la balle à la main pour atteindre le but adverse. La réalité de la formation du jeu est certainement plus complexe. On discute encore des liens généalogiques entre le “football rugby” tel qu’il fut codifié à partir de 1846 au sein des collèges britanniques et la pratique plus ou moins ancestrale de jeux villageois continentaux comme la soule ou la barette.

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Pourquoi tout le monde aime Mozart ?

Mozart (Salzbourg 27/01/1756 – Vienne 5/12/1791) est toujours en tête d’affiche des plus grandes salles de concerts et d’opéras du monde. On peut aussi voir l’extrême médiatisation de Mozart l’opéra rock, dernière production au Palais de Sports sur la vie de Mozart, comme une preuve de l’intemporalité et de l’universalité de son oeuvre, mais aussi comme le résultat d’une véritable “Mozartmania”, due à la légende d’un enfant prodige, au caractère souvent insolent, finalement rejeté par la Cour et mort, jeune, dans la misère. Son oeuvre s’inscrit dans la période dite classique, qui succède au baroque (1750) et précède le romantisme (1820). Mozart a su synthétiser l’ensemble des types d’écriture (français, italiens, anglais, allemand) de l’époque. Il est l’un des compositeurs dont on a le plus de traces écrites de son vivant, auteur d’une foisonnante correspondance (7 volumes !) et très tôt l’objet d’une biographie détaillée, donnant parfois dans l’image d’Epinal, “Mozart enfant prodige”, “Mozart franc maçon”, “Mozart et Salieri”…

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Comment Proust peut-il changer votre vie ?

Quand paraît en novembre 1913 À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, personne, ou presque, ne connaît Marcel Proust, qui a d’ailleurs essuyé le refus de plusieurs éditeurs et publie son roman chez Grasset à compte d’auteur. La presse est très hostile, et le critique du Mercure de France écrit alors : “J’ai commencé le livre avec enthousiasme, puis j’ai fini par le laisser tomber avec effroi, comme on refuserait de boire un soporifique.” On reproche à Proust d’être long, ennuyeux, mondain. Pourtant, six ans plus tard, en 1919, À l’ombre des jeunes filles en fleurs reçoit le Prix Goncourt et annonce une reconnaissance qui ne cessera de croître. Traduite dans le monde entier, l’oeuvre de Proust est aujourd’hui considérée comme un monument de la littérature française, véritable “cathédrale du temps”.

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La France se distingue de ses voisins européens, et notamment de l’Allemagne, par le rejet systématique de toute reconstruction à l’identique de bâtiments anciens. Les conséquences de la Seconde guerre mondiale sur le patrimoine urbain ne furent certes pas les mêmes de part et d’autre du Rhin. Les cas des villes détruites du Havre, Brest ou Amiens, réédifiées sans prise en compte du passé architectural, permettent, quoi qu’il en soit, de mettre en valeur un étrange paradoxe français : la précocité de la protection patrimoniale des monuments a toujours coexisté avec des projet urbanistiques “iconoclastes”. La concomitance entre la destruction des Halles de Paris (cf. photo ci-contre en 1950) et la mise en place, consécutive aux “lois Malraux” de 1962 et 1968, de mesures favorisant la conservation du patrimoine architectural et historique est tout à fait symptomatique de ce point de vue.

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Rares sont les hommes à avoir une aura aussi grande que Shakespeare dans notre société. Proche en cela du statut que possédait Homère pour les grecs anciens, il représente l’artiste éternel dans toute sa splendeur. Le mythe Shakespeare a toutefois ceci de gênant qu’il nous cache à la fois l’artiste, sa vie et le contexte historique dans lequel elle s’est déroulée, et son œuvre, prétexte à admiration plus que véritable objet de spectacle. Qui lit aujourd’hui Roméo et Juliette, mis à part les écoliers anglo-saxons pour qui la scène du balcon est un passage tout aussi obligé que pour les nôtres la mort de Gavroche ? C’est beaucoup plus par ses adaptations modernes que le plus illustre auteur de la littérature mondiale est approché. Il semble dès lors utile de revenir au “vrai” Shakespeare, tout en se demandant quelles sont les causes d’un tel fanatisme à son propos.

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