Le monde de l’art fonctionne comme une société secrète mondiale qui agit en plein jour. Le délit d’initiés n’y est pas interdit, mais recommandé. Décréter quels sont les « bons artistes », les « bonnes toiles », les « bons acheteurs », influencer les enchères, faire et défaire les cotes est le domaine réservé d’une centaine de décideurs.

La crise financière de 2008 a certes secoué le monde de l’art, mais le système n’est pas près de s’effondrer. L’art est partout : dans la mode, dans la maison, dans la rue. C’est la fièvre de l’art : des amateurs de plus en plus nombreux veulent accéder à leur tour à ce pays des merveilles et s’y sentir aussi chez eux. Pour leur permettre de connaître de l’intérieur ce milieu opaque, et qui voudrait le rester, deux journalistes indépendantes ont mené l’enquête pendant plus de deux ans, de Shanghai à New York, de Berlin à Miami. Danièle Granet a fait toute sa carrière dans la presse écrite (L’Express, Le Figaro, Le Nouvel Economiste, Novapress). Catherine Lamour a commencé sa carrière au Monde puis elle a créé et dirigé le département des documentaires de Canal+.

Philippe de Montebello, patron révéré du Met de New York pendant trente et un ans, remarque drôlement que, propriétaire d’une banque, il ne mettrait « pas un sou dans l’art contemporain ». C’est sans doute ce qui contribue à rendre magique cet univers. Mais comment comprendre dès lors que tant de grands et richissimes collectionneurs, par ailleurs souvent hommes d’affaires avertis et capitaines d’industrie accomplis, se battent à coups de millions ? Au-delà des nombreux et excellents portraits et anecdotes qui le rythment, ce n’est pas le moindre des mérites de ce livre que de contribuer à y répondre et de réfléchir à la mondialisation du marché de l’art ainsi qu’à la « fabrication » des « startistes ».

Grands et Petits Secrets du monde de l’art, de Danièle Granet et Catherine Lamour, Fayard.



» A lire également dans même catégorie :

Déposer un commentaire